Observatoires des performances hôtelières 1er trimestre 2019

Temps de lecture: 4 minutes

Un début d’année complexe ?

On peut légitimement se poser cette question. Surtout après l’analyse première des chiffres du TO des différentes grandes régions de France. Un recul, même si petit soit-il, peut faire peur. On va essayer d’analyser calmement la situation axe par axe. Servons nous de l’étude des performances Hôtelières de l’UMIH pour cela (retrouvez l’intégralité de l’étude en fin d’article)

 

Paris, ile de France.

C’est sans surprise que le TO de la grande région de Paris et de l’ile de France subit un recul. Le TO moyen affiche 69 % pour le cumul du premier trimestre 2019. Ce qui comparé à la même période en 2018 laisse à observer un recul de -1,8 %.

Prés de 2 % de recul c’est assez inquiétant sur le papier. Surtout qu’historiquement les premiers trimestres d’une nouvelle année sont généralement marqués par une progression qui fait rampe de lancement pour le second trimestre et la saison estivale. De plus le prix moyen lui montre une hausse de 2 % (109,2 €), ce qui pourrait en partie expliquer le recul de 2 % du TO.

PARIS IDF

Néanmoins

Même si ce recul est significatif, il faut remettre les choses en contexte. Paris et RP ont subi de plein fouet les différentes crises de ces derniers mois, ce qui a fait chuter mathématiquement la présence de la clientèle étrangère comme nous le disions dans notre précédent article (voir article). De plus l’émergence quasi cannibale du modèle AirBnB dans la capitale, et la multiplication des loueurs urbains non professionnels a par essence mis un coup dans ce chiffre (voir article ici). La présence d’une clientèle plus française qui est plus attentive à son budget peut expliquer que ces clients délaissent pour le moment les Hôtels qui sont hors budgets pour cette période-là. Il ne faut donc pas céder à la panique. En effet les premiers retours des réservations sur le terrain pour la période estivale, restent très encourageants. La clientèle reste fidèle à la capitale pour leurs vacations, mais cette clientèle change un tout petit peu. Le taux de client étranger change radicalement chez pas mal d’hôteliers, et seul, les palaces ne subissent pas ce changement. Une plus grande part de clients français, et européen, et un net recul de la clientèle anglo-saxonne (Brexit), ainsi que de la clientèle nord-américaine. La clientèle asiatique quant à elle, se fait toujours aussi présente.

En conclusion.

Même si le début d’année est marqué par les crises, et que la clientèle fait beaucoup plus attention à son budget logement favorisant les Rbnb plus abordables pour des séjours courts (voir article), celle-ci va tout de même privilégier les professionnels de l’hôtellerie pour des vacations plus longues (au-delà de 4 jours). Et cela afin de profiter de services et d’un confort différent.

 

Nord-Ouest.

Les valeurs sures sont souvent un refuge. Et la région nord ouest est une de ces valeurs refuges. Avec un TO de 54,1 %, elle culmine avec une augmentation de 0,7 % par rapport au premier trimestre 2018. Sachant que la région nord Ouest englobe la Bretagne et la Normandie, il est assez évident de comprendre que la population parisienne et française d’ile de France a favorisé les séjours courts (week end) durant les samedis Gilets jaunes. S’éloigner de Paris durant les grands chambardements était pour toute une partie de la population une solution.

Nord Ouest

Avec son image de 21e arrondissement parisien la Région Nord Ouest confirme encore une fois sa place de choix préféré des Parisiens pour s’échapper. Elle va très certainement confirmer cette grande force dans les mois à venir, car la clientèle étant de plus en plus franco-françaises, elle deviendra très certainement la destination la plus prisée pour les courts séjours, au départ de Paris.

 

Nord-Est.

Historiquement cette grande région se remplit pour les périodes de Noël (marché de Strasbourg par exemple) et visites familiales pour les fêtes. Il est donc assez logique que le premier trimestre ne soit pas la période de référence la plus marquée pour cette région. De plus la région Nord Est englobe le Nord Picardie (les hauts de France), qui par effet mathématique font chuter le TO global de cette période. Avec un TO de 54,6 % pour le premier trimestre 2019, la région affiche un recul de -0,4 % par rapport à la même période en 2018.

Nord Est

Un recul, mais pas une récession.

Oui ce recul de 0,4 % peut poser quelques questions. Surtout que cette région n’a pas subi les mouvements sociaux que les rues parisiennes ont vus défiler durant les derniers mois. Ce qui est étonnant. Mais il faut comprendre que ces régions sont toujours en recul durant le premier trimestre d’une nouvelle année, et, par effet logique, elles ont vu un recul de leurs visiteurs. Il est donc tout à fait logique que le Nord soit puisse afficher ce recul. Celui-ci n’est pas assez important pour qu’il devienne inquiétant, et il s’explique assez bien. On peut donc gager que la saison estivale sera bien meilleure pour cette belle région.

 

Sud-Est

Avec un TO de 57,3 % la région sud est enregistre une progression de +0,2 % par rapport à a même période de 2018. Ce qui est quasi un maintien de son TO d’une année sur l’autre. La région la plus ensoleillée de France confirme sa force météorologique en ce début d’année. Il faut néanmoins prendre en considération la proximité de la région avec Paris grâce au TGV.

Sud Est

Il est avéré dans toutes les études que cette région affiche une santé touristique forte même pendant les périodes les plus noires du secteur. L’équation : beau temps+ plage + station de ski (alpes du sud), la rend irrémédiablement région touristique par excellence. L’hiver au ski, l’été à la plage, c’est une des composantes touristiques fortes de cette région qui fait comme toujours partie des grandes gagnantes. Pas besoin d’en faire de trop ; la région se porte bien, un TO qui se maintient un Revpar de +5,5 % un prix moyen en hausse de 5,1 %. Bref il fait bon dans le Sud est.

 

Sud-Ouest.

On a souvent dit que le Sud Ouest était la région préférée des Anglais. Et c’est vrai. On ne compte plus le nombre de ressortissants britanniques qui habitent sur place. Mais cela à un impact inattendu sur cette région. En effet, même si un grand nombre de Britanniques habitent sur place, de nombreux sujets de Sa Majesté viennent dans cette région en vacance pour sa douceur de vivre et la qualité de ses produits locaux. Et la crise du Brexit est au plus haut depuis janvier dernier. Il est donc assez normal que le TO de cette région soit de 55 % avec une baisse de 0,7 % par rapport à l’année passée.

Sud Ouest

-07 % rien d’alarmant.

Il faut toutefois rester logique. Une baisse de moins de 1 % n’est pas la fin du monde et cela est une conséquence de la situation non encore définie du Brexit (qui n’est pas prêt d’être réglé cela dit). N’oublions pas que nos amis britanniques sont des têtus, et que malgré les crises, ils continuent à venir en France. Moins, mais ce n’est pas violent non plus. Les grandes vacances vont par effet mathématique remplir les grandes destinations de la région et faire remonter ce TO assez rapidement. Il faut simplement espérer un dénouement plus clair pour la crise du Brexit afin que les touristes anglophones puissent s’adapter pour la prochaine période creuse.

En conclusion :

Il est toujours possible de se dire que la période n’est pas la plus propice. Crises nationales et européennes, recul du moral des ménages, désertion d’une partie de la clientèle étrangère.

Mais dans l’ensemble ces chiffres sont plutôt logiques, et ils ne sont pas si alarmants. Ils sont le reflet d’une période qui n’est pas la meilleure, et ils donnent à réfléchir quant à l’évolution du métier dans sa conception du service et des offres.

Soyons certains que les hôtels vont trouver un nouveau modèle économique qui permettra à tous d’y trouver leurs comptes.

Téléchargez l’intégralité de l’étude Observatoires des performances hôtelières 1er trimestre 2019 201903-Observatoire-mensuel-des-performances-htelires-UMIH-GNC.pdf (59 téléchargements)

Pour aller plus loin. vous pouvez téléchargez la fiche Excel à remplir avec les valeurs de votre région ici

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The Analyst

50% Analyst. 25% amateur de bons vins. 10% voyageur. 10% râleur. 5% Parisien. Et 100% dans ce qu'il fait. "Les chiffres ne mentent pas. Les hommes oui."

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